La Sacred Monkey Forest d’Ubud n’est pas un zoo en plein air. C’est un sanctuaire hindou actif, géré par le village de Padangtegal, où plus de 1 260 macaques à longue queue vivent au milieu de temples centenaires et d’arbres géants. Visiter ce lieu, c’est entrer dans un espace où la nature tropicale et la spiritualité balinaise cohabitent sur quelques hectares de forêt dense, en plein centre d’Ubud.
Circulaire du gouverneur de Bali en 2025 : ce que ça change pour les visiteurs
Vous avez peut-être vu des photos de touristes grimpant sur des statues ou posant sur des racines sacrées. Ces comportements ont poussé le gouverneur de Bali à publier en 2025 une circulaire (SE n°7/2025) qui renforce les obligations sur les sites sacrés, dont la Monkey Forest.
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Les règles ne sont plus de simples recommandations. Elles incluent le respect strict des temples, statues et espaces cérémoniels, une tenue vestimentaire couvrant les épaules et les genoux, et l’interdiction de monter sur les monuments ou les arbres sacrés. Les poses jugées irrespectueuses peuvent entraîner un rappel à l’ordre par le personnel du sanctuaire.
La circulaire encourage aussi le recours à des guides certifiés pour les sites sacrés. Un guide local explique la fonction de chaque temple, les offrandes déposées chaque matin, et la hiérarchie sociale des groupes de macaques. Sans ces clés de lecture, la visite reste une promenade agréable, mais une partie de sa dimension culturelle passe inaperçue.
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Trois temples dans la forêt des singes d’Ubud : à quoi servent-ils
La plupart des visiteurs voient la Sacred Monkey Forest comme un lieu dédié aux singes. Les macaques captent l’attention, c’est normal. Mais le sanctuaire abrite trois pura (temples) qui sont toujours en activité.
Pura Dalem Agung Padangtegal
C’est le temple principal, situé au fond de la forêt. Il est consacré à la mort et à la transformation. Les Balinais y pratiquent des cérémonies liées au cycle funéraire. Son entrée est gardée par des statues de gardiens recouverts de mousse, ce qui lui donne un aspect très ancien.
Le temple de la source et le temple de crémation
Le deuxième temple est lié aux rituels de purification par l’eau. Le troisième, un peu plus isolé, sert aux cérémonies de crémation du village. Ces temples ne sont pas ouverts aux non-hindous, mais leurs façades sculptées et leur environnement végétal méritent qu’on s’y attarde.
Ce qui frappe, c’est l’imbrication entre le sacré et le quotidien. Des offrandes fraîches (fleurs, riz, encens) sont déposées chaque jour sur les autels et au pied des statues. Les macaques les touchent parfois, et personne ne les chasse : dans la cosmologie balinaise, ces singes sont considérés comme des gardiens du lieu.
Taxe touristique Bali et billet d’entrée : deux paiements distincts
Depuis février 2024, une taxe d’entrée de 150 000 IDR par touriste étranger est obligatoire à l’arrivée à Bali. Elle se paie en ligne via la plateforme Love Bali ou directement à l’aéroport. Cette taxe est indépendante du prix d’entrée de la Monkey Forest.
Le billet d’entrée du sanctuaire lui-même est d’environ 80 000 IDR. Les deux montants ne sont pas liés, mais un visiteur qui n’a pas réglé la taxe provinciale peut se voir refuser l’accès à certains sites culturels ou naturels de l’île.
Concrètement, avant de partir pour Ubud, vérifiez que votre taxe Love Bali est bien validée. C’est un détail administratif, mais il peut compliquer une journée de visite si vous l’oubliez.
Comportement face aux macaques : ce qui provoque les incidents
Les macaques à longue queue de la forêt ne sont ni domestiqués ni agressifs par nature. La grande majorité des incidents rapportés par les visiteurs suivent un schéma précis.
- Un visiteur tient de la nourriture visible ou la range dans une poche extérieure de sac. Les macaques repèrent les emballages plastique et tentent de s’en emparer.
- Un visiteur établit un contact visuel prolongé avec un mâle dominant, ce que le singe interprète comme un défi territorial.
- Un visiteur tente de toucher un bébé macaque. La mère réagit immédiatement pour protéger son petit.
Gardez vos affaires dans un sac fermé sans poche extérieure accessible. Retirez lunettes de soleil, boucles d’oreilles pendantes et tout objet brillant avant d’entrer dans les zones les plus peuplées. Les singes associent ces objets à de la nourriture ou à un jeu.
Si un macaque grimpe sur vous, restez immobile. Il descendra de lui-même en quelques secondes. Le personnel du sanctuaire est formé pour intervenir en cas de situation tendue.

Quand visiter la Sacred Monkey Forest pour éviter la foule
Le sanctuaire ouvre tôt le matin. Les premières heures après l’ouverture offrent deux avantages : la lumière filtre à travers la canopée de manière spectaculaire, et les groupes organisés n’arrivent généralement qu’en milieu de matinée.
Le créneau entre l’ouverture et 9 h reste le plus calme. Les macaques sont aussi plus tranquilles à cette heure, car ils n’ont pas encore été stimulés par des dizaines de visiteurs.
En fin d’après-midi, la fréquentation baisse à nouveau. La lumière rasante donne aux statues moussues et aux racines de banyan un relief particulier, intéressant pour la photographie. Prévoyez au minimum une heure et demie pour parcourir les sentiers sans vous presser.
Ubud au-delà de la forêt : combiner sanctuaire et rizières
La Monkey Forest se trouve en plein coeur d’Ubud, à quelques minutes à pied du marché et des galeries d’art. Cette localisation permet de l’intégrer facilement dans une journée qui inclut d’autres sites.
Les rizières en terrasses de Tegallalang, situées au nord d’Ubud, complètent bien la visite. La forêt illustre le rapport balinais au sacré, les rizières illustrent le rapport au travail collectif (le système d’irrigation subak). Les deux facettes se répondent et donnent une image plus complète de la culture locale.
Le sanctuaire de la Monkey Forest fonctionne comme une porte d’entrée vers Ubud. Pas au sens touristique du terme, mais parce qu’il concentre en un seul lieu ce qui fait la particularité de Bali : une nature dense, des rituels vivants, et une cohabitation assumée entre humains et animaux. Prenez le temps de lire les panneaux explicatifs sur place, ils racontent l’histoire du village de Padangtegal et son lien avec la forêt depuis plusieurs générations.

