Ouvrir un gîte : quel public est concerné par cette activité ?

43 000 : c’est le nombre de créations de gîtes enregistrées en France l’an passé, selon les chiffres de l’INSEE. Derrière cette vague, un constat s’impose : la ruée vers le statut de loueur en meublé non professionnel continue de galvaniser des milliers de propriétaires, le plus souvent en zone rurale. Près de 40 % des projets sont portés par des retraités, tandis qu’un tiers des nouveaux venus sont des actifs en reconversion. Un autre signal : certaines communes, soucieuses de préserver la location classique, commencent à imposer des quotas ou des restrictions.

En réalité, la plupart des candidats n’ont jamais mis les pieds dans l’hôtellerie. Rassurez-vous : pour ouvrir un gîte, nul besoin de diplôme spécifique, contrairement à d’autres métiers du tourisme.

À qui s’adresse réellement l’ouverture d’un gîte ?

Le profil-type de l’hôte rural a vécu. L’activité s’est ouverte, déclinée, fragmentée : du quadra lassé de la vie en ville à la famille qui restaure la maison de grand-mère, en passant par le couple de retraités désireux d’ajouter un projet à leur quotidien. Tout le monde ou presque s’y retrouve, à condition d’être prêt à accueillir, à gérer et à s’investir.

Le gîte, c’est ce meublé de tourisme proposé à des vacanciers, des professionnels de passage, ou des familles qui veulent s’offrir une parenthèse hors du tumulte. Contrairement à la chambre d’hôtes, qui impose la présence de l’hébergeur et limite le nombre d’occupants,, ici, l’autonomie règne. L’hôte fournit le toit, les clés, l’essentiel : le séjour appartient aux locataires. Pas étonnant que le modèle séduise aussi bien les investisseurs prudents que les passionnés de rénovation ou de patrimoine.

Voici les grands profils que l’on retrouve parmi les créateurs de gîte :

  • Propriétaires d’une résidence secondaire qui souhaitent rentabiliser leur bien quand ils n’y séjournent pas.
  • Actifs en reconversion, attirés par la gestion autonome d’un hébergement touristique.
  • Familles ou couples, installés en milieu rural ou périurbain, désireux de diversifier leurs ressources.
  • Amoureux d’un terroir, d’un village, d’un paysage, et décidés à le faire découvrir.

Le gîte attire donc un public varié, mais tous partagent l’envie de recevoir, de transmettre une histoire, de valoriser leur territoire. L’accès reste ouvert : pas d’exigence de formation hôtelière. Mais la rigueur, l’organisation et le goût du détail font la différence, car le tourisme ne laisse que peu de place à l’improvisation.

Ouvrir un gîte : profils, envies et motivations des porteurs de projet

Le loueur de gîte d’aujourd’hui ? Impossible de le réduire à une case. Le cliché du propriétaire rural cohabite désormais avec le citadin décidé à s’ancrer localement, l’investisseur à la recherche de sens et de rendement, ou la famille qui veut faire vivre une maison pleine de souvenirs. Tous avancent avec la même ambition : donner une âme à un lieu, offrir une expérience, créer du lien avec leurs hôtes.

Le choix du cadre légal arrive rapidement : le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) reste la référence pour ceux dont la location reste secondaire, sous le seuil de 23 000 € annuels. Au-delà, ou dès lors que l’activité devient principale,, le statut de loueur en meublé professionnel (LMP) prend le relais. Certains préfèreront la simplicité de l’entreprise individuelle, d’autres la structure d’une société (SARL, SAS, SCI) pour gérer à plusieurs, optimiser la fiscalité ou anticiper la transmission.

Ouvrir un gîte ne se résume pas à une opération immobilière. Derrière le projet, il y a souvent la volonté de valoriser une résidence principale, de transmettre un patrimoine familial ou de s’engager dans une reconversion. D’où la nécessité de réfléchir à la façon d’exploiter le bien, à l’accueil que l’on souhaite offrir, au temps que l’on veut y consacrer. Le secteur du gîte évolue sans cesse, entre tradition, innovation et goût du partage.

Quelles sont les principales étapes à prévoir avant de se lancer ?

Le point de départ, c’est la déclaration en mairie du meublé de tourisme. Cette obligation concerne toute location saisonnière : maison individuelle, appartement, mas provençal ou cabane perchée. Certaines communes, notamment en zone tendue, exigent en plus un numéro d’enregistrement. Pour cela, il suffit de remplir un formulaire Cerfa et de le transmettre à la mairie concernée.

Ensuite, il faut penser à l’immatriculation. Le statut LMNP nécessite une inscription à l’INPI. Si la location devient principale ou que les revenus dépassent 23 000 € par an, il faut s’enregistrer au registre du commerce et des sociétés (RCS).

Le classement Atout France n’est pas obligatoire, mais il ouvre droit à un abattement fiscal amélioré en micro-BIC. Beaucoup choisissent aussi un label privé, comme Gîtes de France ou Clévacances, pour rassurer les clients et mettre en avant leur offre, sans impact sur la fiscalité, mais avec un vrai poids marketing.

Le contrat de location saisonnière doit être rédigé avec soin : identité des parties, adresse, descriptif du bien, durée, prix. Pensez à joindre un état des lieux, un inventaire et les diagnostics techniques. C’est la base d’une relation claire avec vos locataires.

Pour ceux qui installent une piscine, la sécurité ne se discute pas : barrière, alarme, couverture ou abri homologué sont obligatoires, tout comme la déclaration en mairie. C’est un passage obligé pour assurer la tranquillité de tous.

Réglementations, pièges à éviter et ressources pour bien démarrer

La réglementation n’est pas à prendre à la légère : chaque étape compte pour rester dans les clous. Déclaration en mairie, affichage des tarifs, remise du règlement intérieur, classement éventuel… rien ne doit être laissé au hasard. Si la capacité du gîte dépasse quinze personnes, on bascule dans la catégorie ERP (établissement recevant du public), synonyme de normes renforcées : sécurité incendie, accessibilité, passage devant la commission de sécurité. En dessous de ce seuil, la réglementation s’allège, mais l’attention reste de mise.

Pensez aussi à la taxe de séjour : il faut la collecter et la reverser à la commune. Pour les voyageurs étrangers, une fiche de police doit être remplie et conservée. L’assurance responsabilité civile professionnelle n’est pas une option, car le propriétaire est responsable du moindre incident, même bénin. Avant toute transformation, consultez le plan local d’urbanisme (PLU) et, si nécessaire, demandez l’autorisation adéquate auprès de la mairie.

Quelques points de vigilance pour éviter les mauvaises surprises :

  • Détecteurs de fumée obligatoires
  • Conformité des installations électriques
  • Registre d’accessibilité pour les ERP

Pour garder l’essentiel en tête, ce tableau synthétise les principales obligations :

Obligation Quand ? Pour qui ?
Déclaration mairie Toujours Tous gîtes
ERP & commission de sécurité > 15 personnes Grandes capacités
Collecte taxe de séjour Toujours Tous propriétaires
Fiche de police Client étranger Tous gîtes

Pour toute question technique, n’hésitez pas à solliciter la mairie, l’agence régionale de santé pour les questions liées à la piscine, ou un expert-comptable pour les aspects fiscaux. Les organismes labellisateurs proposent aussi de nombreux guides et accompagnements pour bien démarrer.

Au bout du chemin, il y a bien plus qu’un hébergement : une aventure humaine, un territoire à partager et, parfois, la découverte d’une passion inattendue pour l’hospitalité. Reste à savoir : qui franchira le pas demain ?

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