L’Islande en juillet attire une part massive des visiteurs annuels, concentrés sur les mêmes axes routiers et les mêmes parkings. Plutôt que de dresser une liste de sites à voir ou d’éviter, cet article mesure l’écart de fréquentation entre zones saturées et zones quasi désertes, puis propose une méthode pour alterner les deux dans une même journée de road trip.
Fréquentation des sites islandais en juillet : les écarts qui comptent
Le Cercle d’Or (Geysir, Gullfoss, Þingvellir) concentre la majorité des bus de jour entre 10 h et 16 h. Depuis 2023-2024, plusieurs parkings de cette zone et de la côte Sud sont devenus payants, avec tarification horaire et contrôle renforcé. Ce surcoût pousse déjà une partie des voyageurs vers des alternatives moins connues.
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En revanche, des vallées comme Gjáin (à quelques kilomètres de Stöng, dans le Þjórsárdalur) ou la péninsule de Vatnsnes au nord restent très peu fréquentées, même en pleine haute saison. L’écart de densité entre un parking du Cercle d’Or à midi et un sentier du Þjórsárdalur au même moment est saisissant.
| Type de site | Exemples | Affluence en juillet (10 h-16 h) | Affluence avant 9 h / après 20 h |
|---|---|---|---|
| Sites majeurs (Cercle d’Or, Seljalandsfoss, Skógafoss) | Geysir, Gullfoss, Þingvellir | Très élevée | Modérée à faible |
| Sites secondaires accessibles | Gjáin, Reykjadalur, Kerlingarfjöll | Modérée | Très faible |
| Zones reculées ou sans infrastructure | Vatnsnes, Strandir (Westfjords), Öxi pass | Faible à quasi nulle | Quasi nulle |
Ce tableau repose sur les retours de voyageurs et les tendances documentées par les organismes islandais de promotion du tourisme. L’information à retenir : l’heure de visite modifie autant l’expérience que le choix du lieu.
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Itinéraire contraste en Islande : alterner site touristique et zone déserte le même jour
La logique habituelle des guides consiste à fuir la foule en se limitant aux coins reculés. Le problème : Gullfoss, Geysir ou Jökulsárlón méritent le détour, et les ignorer revient à se priver de ce qui rend l’Islande spectaculaire.
L’approche qui fonctionne en juillet repose sur un principe simple. Chaque journée alterne un site majeur visité à contre-horaire et un lieu méconnu visité à n’importe quelle heure.
Exemple : journée sud-ouest depuis Selfoss
Selfoss est de plus en plus recommandée comme base secondaire par les acteurs locaux du tourisme, pour son calme et sa position centrale dans le sud-ouest. Depuis cette petite ville, une journée type pourrait ressembler à ceci :
- Départ tôt (avant 8 h) vers Gullfoss et Geysir, quand les parkings sont encore largement vides grâce au soleil de minuit qui décale les habitudes des touristes
- Milieu de matinée : bifurcation vers la vallée de Gjáin (route 32 puis piste 327), un canyon verdoyant avec cascades miniatures, souvent désert même en milieu de journée
- Retour en fin de journée par Kerið (cratère volcanique), généralement plus calme après 18 h
Ce schéma fonctionne parce que la distance entre un spot saturé et une zone vide dépasse rarement une heure de route dans le sud de l’Islande.
Exemple : journée côte sud depuis Vik
Vik est une base classique, souvent bondée en soirée. La méthode reste la même : visiter Reynisfjara ou Skógafoss très tôt, puis rouler vers le Þakgil (canyon accessible par piste F, à une vingtaine de minutes de Vik) où la fréquentation reste marginale.
Le contraste visuel entre la plage noire saturée de monde et le silence d’un canyon encaissé, à quelques kilomètres, illustre exactement ce que cet itinéraire cherche à produire : ne pas choisir entre spectaculaire et tranquillité.

Soleil de minuit et créneaux horaires : la variable que les itinéraires classiques sous-exploitent
En juillet, l’Islande ne connaît pas de nuit véritable. La lumière reste exploitable jusqu’à minuit et au-delà. Cette donnée change la donne pour la gestion de la foule, mais la plupart des voyageurs conservent un rythme diurne classique (lever vers 8-9 h, coucher vers 22-23 h).
Exploiter le soleil de minuit ne signifie pas se priver de sommeil. Il suffit de décaler le rythme d’une à deux heures. Partir à 7 h au lieu de 9 h suffit pour trouver les grands sites presque vides. Un retour à la base vers 21-22 h, après un second créneau de visite en fin de journée, permet de profiter de deux fenêtres calmes.
Cette stratégie fonctionne particulièrement bien sur les sites du Cercle d’Or et de la côte sud, où les bus de tourisme opèrent sur des créneaux fixes (départ de Reykjavik vers 9-10 h, retour vers 17-18 h). En dehors de cette plage, la fréquentation chute nettement.
Bases secondaires en Islande : Selfoss, Blönduós et les alternatives à Reykjavik
Reykjavik concentre la grande majorité de l’offre d’hébergement, ce qui en fait le point de départ par défaut. Le résultat : des flux de visiteurs partent tous de la même ville, vers les mêmes sites, aux mêmes heures.
Choisir une base secondaire réduit les distances et décale naturellement les horaires de visite. Selfoss, dans le sud-ouest, permet de rejoindre le Cercle d’Or en moins de temps qu’au départ de Reykjavik. Pour un itinéraire qui remonte vers le nord, Blönduós (côte nord-ouest) ou Akureyri offrent un accès rapide à des zones beaucoup moins fréquentées.
La faible densité d’hébergements hors des grandes étapes (Vik, Höfn, Akureyri) impose de réserver plusieurs mois à l’avance. Ne pas anticiper ce point peut réellement poser problème en juillet : les options se raréfient vite, surtout pour les guesthouses et les petits hôtels.
- Selfoss : accès rapide au Cercle d’Or et à la vallée du Þjórsárdalur, ambiance plus calme que Reykjavik
- Blönduós : porte d’entrée vers la péninsule de Vatnsnes (phoques, falaises), très peu de touristes
- Egilsstaðir : base pour les fjords de l’Est, zone la moins visitée du pays en été

Un itinéraire de juillet en Islande qui fonctionne ne cherche pas à éviter les lieux célèbres. Il les intègre à des horaires décalés, puis bascule vers des zones désertes dans la même journée. Le contraste entre foule et solitude, parfois séparés d’une demi-heure de route, constitue la vraie spécificité d’un road trip islandais bien construit en haute saison.

